Réta KAZARIAN


Son nom est arménien, mais c’est en Géorgie que Reta Kazarian fait ses premières gammes dès l’âge de 7 ans. Cursus musical classique, toute sa vie est désormais consacrée à la musique : au Conservatoire national Sarachvili de Tbilissi, piano, violon alto, direction de chœur, elle s’instruit en tout, sous la houlette d'éminents professeurs.
Le chant lyrique la passionne, aussi, non contente d’être une fidèle spectatrice de l’Opéra National de Géorgie, assiste-t-elle, pendant des après-midis entiers, aux répétitions des spectacles lyriques.
Mais la Géorgie ne suffit pas à son appétit de formation et en 1994, elle part à Paris compléter son cursus.
Ce sera la direction d’orchestre, au Conservatoire de Dijon où elle étudie avec Jean-Sébastien Béreau et à l’Ecole Normale de Musique Alfred Cortot à Paris avec Dominique Rouits.
C’est là qu’en 1998, elle obtient le Diplôme Supérieur de direction d’orchestre.
Cela ne l’empêche pas de suivre, en parallèle, une formation de direction de chœur grégorien au Conservatoire National Supérieur de Musique, prodigué par Louis-Marie Vigne, et de se perfectionner au violon avec Annie Jodry et Devy Erlih à l’Ecole Normale de Musique Alfred Cortot mais, comme elle le dit elle-même, son père spirituel en musique est le baryton et chef d’orchestre Michel Piquemal. Pendant 10 ans, elle va assister à ses répétitions d'orchestre et de choeur au CNSM où il enseigne, et qui est encore situé, à l’époque, rue de Madrid à Paris.

Reta Kazarian chef d'Orchestre

Forte de cet apprentissage complet et rigoureux, elle crée en 2000 l’ensemble orchestral Vocations, qui regroupe de jeunes musiciens professionnels. C’est alors, dans les dix années qui suivent, une succession de concerts, principalement à Paris, mais aussi en province, au cours desquels elle va diriger, au sein de cet ensemble, des solistes chevronnés dans les œuvres les plus diverses.
On peut citer, en particulier :
En 2001, la violoniste Annie Jodry dans des œuvres de Bach et de James Niblock, compositeur américain qui fut élève de Hindemith, également en 2001, les pianistes géorgiens Irakly Avaliani et Guigla Katsarava qui interprètent des œuvres de Mozart et de Prokofiev.
En 2002, à nouveau Guigla Katsarava, mais aussi le trompettiste David Guerrier et le baryton Michel Piquemal  dans un répertoire russe et français avec Chostakovitch, Henri Sauguet et le compositeur contemporain Igor Nikiforov.
En 2004, le pianiste russe Mikhaïl Voskresensky, avec un répertoire éclectique : Richard Wagner, Gabriel Fauré, Frédéric Chopin.
Ce ne sont là que quelques exemples de l’activité de Reta Kazarian avec l’ensemble orchestral Vocations.

Elle se produit également à l’étranger. Et plus spécifiquement en Ukraine, à Kherzon, où chaque année entre 2006 et 2009, dans le cadre du Festival Amadeus, elle dirige, pour le concert de clôture du Festival, l’Orchestre philharmonique de cette ville dans des œuvres du répertoire français romantique et contemporain (dont le Requiem de Gabriel Fauré).
Par ailleurs, elle n’oublie pas sa passion pour le violon et l’alto et, en 2000, à l’occasion du Festival d’art lyrique de Sanxay, elle se produit comme premier violon, sous la baguette de Eric Sprogis, lors de la production de Rigoletto. Artiste confirmée, elle a également une passion pour la pédagogie.

C’est pourquoi, outre ses cours de violon et de direction d’orchestre à l’Ecole de musique de Montreuil, en 2006, elle crée à Paris  l’Ecole du Geste pour enseigner la direction d’orchestre aux enfants et aux adolescents.
Elle y développe une pédagogie particulière qui lui permet de faire jouer ses élèves avec les musiciens professionnels de son ensemble orchestral Vocations.
Cette initiative fait d’ailleurs l’objet d’un documentaire, « Maestros », de Patricia Desmortiers réalisé en 2010, et suscite l’intérêt de France- Culture qui l’interviewe longuement à ce sujet, également en 2010.
Cette passion pour la pédagogie, conjuguée à celle de son instrument de prédilection, la conduit également à assister les professeurs du CNR de Paris dans la préparation des jeunes professionnels aux grands concours internationaux de violon.
Enfin, il faut également mentionner sa participation active aux master-classes de direction d’orchestre, organisées par Michel Piquemal et Hikotarô Yasaki.

Ses projets sont tournés maintenant vers la direction d'orchestre d'opéra. Après une première expérience, en 2004, avec Carmen de George Bizet lors d’un concert en région parisienne, elle souhaite donner plus d’ampleur à cette facette de ses multiples talents.